Je voulais être « chercheur trouveur ».
Yannis Jaunet. Entrepreneur, curieux de nature, constructeur par nécessité.
En CM1, on m'a demandé ce que je voulais faire plus tard. J'ai répondu : « Chercheur trouveur. » Ça a fait rire.
Je ne connaissais ni les métiers, ni les diplômes, ni les chemins pour y arriver. Mais une chose était déjà claire : chercher sans jamais rien trouver ne m'intéressait pas. Je voulais comprendre comment fonctionnent les choses, découvrir ce qui m'échappait et en faire quelque chose de concret.
Les années ont passé. Les sujets ont changé. Pas cette envie.
Je n'ai pas suivi le chemin prévu.
J'ai quitté l'école à 15 ans. Pas de parcours académique remarquable. Pas de grande école. Pas de réseau familial dans l'entrepreneuriat.
J'ai connu l'athlétisme, la restauration, les vergers, la logistique. Des environnements différents, des gens différents, des manières différentes de travailler.
À 17 ans, j'ai repris un CAP agricole à Saintes. On m'appelait « mini wiki ». Je passais beaucoup de temps à apprendre, chercher, accumuler des informations, parfois bien au-delà de ce qu'on me demandait.
Quelques jours avant les examens, j'ai perdu la clé USB qui contenait mon travail. Aucune sauvegarde. Je n'ai pas obtenu le diplôme.
C'était brutal, mais la leçon était simple. Je ne savais pas encore que cette idée allait influencer ma manière de construire des entreprises et des systèmes.
Ce qui a de la valeur ne devrait jamais dépendre d'un seul point de défaillance.
J'ai commencé avant de savoir faire.
À la même période, je lançais ma première agence avec un ami d'enfance. Je n'avais ni méthode éprouvée, ni expérience de dirigeant, ni certitude sur ce qui allait fonctionner.
Alors j'ai essayé. Copywriting, création de contenu, community management, acquisition, automatisation. J'ai appris les outils, les métiers et les contraintes au fur et à mesure.
J'ai aussi fait l'erreur de croire que travailler beaucoup suffisait. J'ai ouvert des comptes, produit du contenu, imaginé des offres, consacré des heures à des projets qui n'ont parfois rien rapporté.
Je me souviens notamment de trois comptes lancés en parallèle. Dix jours plus tard : zéro client.
Publier n'était pas vendre. Être occupé n'était pas avancer.
J'avais confondu l'intensité de mon travail avec la qualité de mes décisions.
Je suis allé chercher ailleurs.
À 20 ans, je suis parti aux Émirats arabes unis avec l'ambition de monter une holding. J'y suis retourné pour travailler sur un projet lié à l'intelligence artificielle.
Des déplacements, des rencontres, des mois de préparation et des perspectives qui semblaient prometteuses. Rien de tout cela n'a abouti comme je l'imaginais.
Pendant longtemps, je pensais que le problème était de ne pas en faire assez. Avec du recul, c'était plutôt l'inverse. Je pouvais consacrer énormément d'énergie à une idée avant d'avoir suffisamment vérifié qu'elle méritait cet investissement.
J'apprenais à construire, mais pas encore à choisir. Cette différence m'a coûté du temps. Elle m'a aussi appris quelque chose que je considère aujourd'hui comme essentiel.
Savoir abandonner une mauvaise hypothèse fait partie du travail d'un entrepreneur.
Je n'ai jamais eu une seule passion.
L'intelligence artificielle. L'économie. Le commerce. L'agriculture. Les technologies. Les matières premières. La création. Les marchés internationaux. À première vue, rien de très cohérent.
J'ai longtemps essayé de faire entrer cette curiosité dans une seule case. Puis j'ai compris que je n'avais pas nécessairement besoin de choisir un domaine pour toute ma vie. J'avais surtout besoin d'une méthode pour ne pas me disperser.
- 01Observer un environnement.
- 02Comprendre ses mécanismes.
- 03Identifier un problème ou une opportunité.
- 04Construire quelque chose.
- 05Le confronter à la réalité.
- 06Recommencer, avec de meilleures informations.
Aujourd'hui, j'utilise les données, l'automatisation et l'IA pour construire. Demain, les outils seront différents. La méthode, elle, doit rester utile.
Pourquoi Jaunet.
Mon grand-père, Jean Jaunet, a travaillé 37 ans comme ouvrier agricole. Il aurait voulu être professeur. Il n'en a pas eu l'occasion.
Je trouve cette histoire importante, parce qu'elle rappelle quelque chose de très simple : les connaissances, les capacités et les ambitions d'une personne ne correspondent pas toujours aux opportunités auxquelles elle a accès.
J'ai choisi de porter son nom. Yannis, c'est Jean. Jaunet, c'est lui.
Je ne prétends pas accomplir à sa place ce qu'il aurait voulu faire. Mais je peux donner une place à ce qui lui tenait à cœur : apprendre et transmettre. C'est aussi pour cela que je publie mes recherches, mes expériences, mes outils et ce que je comprends du monde qui m'entoure.
Ce nom me rappelle que ce que je construis ne devrait pas s'arrêter à moi.
Une connaissance que l'on garde pour soi peut servir une personne. Une connaissance que l'on transmet peut en servir beaucoup d'autres.
Ce que je construis aujourd'hui.
Je vis et travaille en Charente-Maritime. Je développe des activités autour de l'entrepreneuriat, du marketing, des systèmes intelligents et de la création.
Avec mes entreprises, je cherche à résoudre des problèmes concrets. Avec mes recherches, j'explore des marchés, des technologies et des possibilités qui méritent d'être étudiées.
Avec 2MORROW, je veux rencontrer ceux qui construisent, comprendre leurs décisions, documenter leurs expériences et rendre accessibles des idées qui pourraient autrement rester dans un cercle restreint.
Je n'ai pas de méthode miracle. Je ne considère pas non plus qu'une idée devient bonne parce qu'elle est nouvelle, ni qu'une technologie devient utile parce qu'elle est impressionnante.
Je préfère les démonstrations aux promesses. Les résultats aux apparences. Et les questions difficiles aux certitudes confortables.
Je continue d'apprendre. Je continue de me tromper. Je continue de construire.
Ce que je veux préserver.
- 01Entreprendre sans perdre ma liberté de penser.
- 02Créer sans ajouter de l'inutile.
- 03Utiliser les technologies sans oublier les personnes qu'elles concernent.
- 04Développer des activités rentables sans considérer que tout ce qui rapporte mérite d'être vendu.
- 05Transmettre ce que j'apprends, sans prétendre détenir des réponses définitives.
Je ne sais pas précisément ce que je construirai dans dix ans. Mais je sais ce que je veux continuer à faire.
Comprendre plus loin. Construire mieux. Transmettre ce qui compte.
Yannis Jaunet
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